Les dangers des résolutions du Nouvel An

Combien de fois vous êtes-vous engagé à arrêter de boire au tournant d’une année pour finalement vous décevoir vous-mêmes autant que vos proches? Après tout, on dirait que janvier est le mois parfait pour un nouveau départ, et il est louable d’essayer d’améliorer sa situation et son bien-être émotionnel. Mais ces résolutions fonctionnent-elles, ou mènent-elles tout droit vers l’échec?

 

Si vous avez essayé d’arrêter plusieurs fois par vous-mêmes, vous ne réussirez probablement pas à rester sobre sans une aide et un soutien appropriés. Aux Services de santé Bellwood, nos études montrent que 83 % de nos clients alcooliques ou toxicomanes qui participent au programme de traitement complet et qui acceptent le soutien recommandé dans le cadre de soins continus parviennent à se défaire de leur dépendance.

 

David Paul, conseiller aux Services de santé Bellwood, croit que si la prise de résolutions du Nouvel An semble être une bonne idée, elle fonctionne rarement. « Quelqu’un pourrait prendre la résolution de suivre un traitement. Mais pour réussir, il faut être prêt. Cette décision doit donc être mûrement réfléchie. Cela dit, la situation est complètement différente dans le cas d’une ordonnance de traitement : la personne n’a alors pas le choix de s’engager dans le processus. La vérité, c’est qu’il n’y a pas de mauvais moment pour entamer un traitement. Et dans certains cas, c’est même plus sécuritaire. »

 

Pour bon nombre de gens, prendre des engagements et ne pas les respecter n’a rien d’inhabituel. Chez les personnes aux prises avec une dépendance, il s’agit d’un comportement fréquent : leur esprit dépendant tente de justifier pourquoi il serait préférable d’arrêter de boire en janvier et non pas immédiatement. « C’est une de leurs façons de ne pas s’effondrer, explique Lauren Melzack, superviseure clinique au Centre de traitement Edgewood. Ils promettent à tout le monde, y compris à eux-mêmes, qu’ils s’y prendront différemment cette fois. Évidemment, ils n’agissent jamais, et ne font que persister dans leurs mentalités. “Juste une dernière fête, et puis le 1er janvier, j’arrête”… voilà une mentalité insensée. Dans le cas de l’alcoolisme, ça paraît évident; toutefois, comme la dépendance engendre toutes sortes de comportements problématiques, la prise d’une résolution quelconque peut les mettre dans le pétrin. En fait, le 1er janvier n’est qu’une journée comme une autre et devrait être vue comme telle. »

 

Le changement d’une vie

 

Vous songez sérieusement à participer à un programme de traitement et vous souhaitez vous reprendre en main? David Paul vous recommande d’assister d’abord à quelques rencontres. « Le programme en 12 étapes est une excellente façon d’entamer le processus de rétablissement. Je vous encourage aussi à discuter avec votre médecin et à rencontrer un conseiller ou un thérapeute pour vous aider à comprendre les bienfaits du traitement. Soyez prêt à aller jusqu’au bout et à participer à un programme de soins de suivi. Et soyez sûr de vous lancer pour les bonnes raisons. Vous n’en pouvez plus de votre maladie? Alors faites-le pour vous, et non pas pour les autres ou pour acheter la paix. C’est de votre santé dont il est question; c’est donc à vous de choisir l’aide nécessaire et le moment où vous en avez besoin. » Lauren Melzack est d’accord : le programme en 12 étapes offre un soutien précieux en matière de rétablissement des dépendances.

 

Danny, bénévole aux Services de santé Bellwood, nous explique pourquoi prendre le chemin du rétablissement est l’engagement d’une vie et nécessite du soutien. « Ma vie n’était qu’un tourbillon de problèmes sans fin et de promesses brisées jusqu’à ce que je devienne sobre. C’était comme si on m’avait ouvert la porte en haut de l’escalier du sous-sol et qu’on avait allumé la lumière à l’extérieur pour me guider : je devais quand même monter les marches par moi-même. Le chemin me paraissait long et ardu, mais grâce aux encouragements provenant de la porte, j’ai pu passer du côté de la lumière. J’ai d’abord fait partie des AA, et j’ai appris à comprendre mon problème à force de travailler sur moi-même. En m’assurant d’avoir le soutien nécessaire et en ayant la volonté de tout faire pour surmonter ma dépendance, ma vie a changé du tout au tout. »

 

C’est important d’admettre d’abord son problème pour pouvoir le guérir, mais il est tout aussi important de parler honnêtement et ouvertement de sa dépendance. Les personnes touchées ont accès à plusieurs ressources, notamment au Réseau de santé Edgewood. Le Réseau regroupe de nombreux centres offrant aux Canadiens des services en santé mentale et des traitements des dépendances en établissement et à l’externe.

 

Si vous ou une connaissance songez à aller chercher de l’aide pour surmonter une dépendance, communiquez avec nous et parlez à l’un de nos conseillers. Nous sommes là pour vous, prêts à vous aider.

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