Journée Bell Cause pour la cause – Maladie mentale et dépendance : une combinaison plus fréquente qu’on pourrait le croire!

Au Canada, aidons-nous mieux les personnes atteintes de maladie mentale et de dépendance qu’il y a 10 ans? En fait, les problèmes de consommation et les comportements compulsifs sont en hausse au pays : il suffit de jeter un œil aux médias pour constater l’épidémie. Nous sommes en pleine crise des opioïdes : le fentanyl, le W-18 et le carfentanil se propagent dans les villes canadiennes à une vitesse alarmante. Des centaines de Canadiens ont fait une surdose de ces drogues, particulièrement en Colombie-Britannique.

L’augmentation de la consommation de ces drogues est-elle le vrai problème, ou simplement un symptôme d’un problème plus grand? Le gouvernement du Canada commence à se rendre compte que les surdoses ne sont qu’un aspect d’une question beaucoup plus vaste : la dépendance.

La Journée Bell Cause pour la cause met surtout l’accent sur la santé mentale et touche peu à la dépendance. Peut-être devrions-nous tous en parler davantage, étant donné que les personnes atteintes d’une maladie mentale sont deux fois plus susceptibles d’avoir un problème de consommation[1].

La dépendance est un sujet que nous continuons d’éviter parce qu’il est mal compris et est associé à une montagne de préjugés. Nombreux sont ceux qui croient que la dépendance est un choix et qu’elle ne se développe que chez une frange de la population. Au Réseau de santé Edgewood, nous savons que ces croyances sont fausses.

La dépendance n’est pas un loisir qu’on choisit de pratiquer un bon matin. Dans beaucoup de cas, elle commence par la consommation d’antidouleurs prescrits par un médecin pour atténuer la douleur liée à un problème de santé ou par une lutte silencieuse contre la maladie mentale. Dans d’autres cas, elle naît de l’envie de repousser des sentiments désagréables associés à des souvenirs ou à des traumatismes; la dépendance sert alors à engourdir la douleur physique et émotionnelle vécue. Malheureusement, tous ne survivent pas à cette maladie chronique.

Le bon côté dans tout cela? Les personnes en processus de rétablissement ont décidé que c’en était assez! Même si leur cerveau leur disait de continuer à consommer, leur cœur a compris que le rétablissement était la seule façon d’éviter l’autodestruction totale. Le rétablissement est notre solution pour aider les personnes aux prises avec une dépendance et une maladie mentale, et le moyen par lequel des familles en plein déchirement sont capables de se réunifier. Il donne des outils pour recommencer à vivre et aider les gens dans le besoin.

Lors de la Journée Bell Cause pour la cause, parlons aussi de dépendance et de rétablissement. Parce que peu importe l’âge, on peut s’en sortir.

Si vous souffrez à la fois de dépendance et de maladie mentale, nous espérons que les témoignages de ces anciens patients en processus de rétablissement vous encourageront à parler de votre situation dès aujourd’hui et à demander de l’aide.

Le rétablissement est le plus beau cadeau que vous pouvez vous faire.

Julie :

« J’ai été en rétablissement pendant la majorité de ma trentaine, et le résultat a été carrément miraculeux! Si vous m’aviez dit à 33 ans (quand j’ai arrêté de boire) qui je serais et de quoi ma vie aurait l’air à 39 ans, je ne vous aurais pas cru. J’aurais probablement cru que vous aviez perdu la tête. Mais aujourd’hui, le mot « gratitude » ne suffit pas à exprimer l’émerveillement et l’allégresse que je ressens depuis mon rétablissement. Je suis tellement heureuse d’avoir la chance de vivre ainsi pour le reste de mes jours. »

Tristan :

« Pour moi, être en rétablissement pendant la trentaine, c’est comme vivre une nouvelle vie chaque jour. Me lever libre chaque matin est beaucoup plus agréable que d’essayer de me sortir de l’enfer dans lequel je vivais. Le cheminement est difficile au début, mais avec le temps, tout va de mieux en mieux! »

Andrew :

« Pour moi, le processus de rétablissement a commencé quand j’ai enfin pu non seulement accepter de l’aide, mais aussi la demander moi-même. Depuis ce jour, tout a changé. Les choses n’ont pas toujours tourné en ma faveur, mais il y a toujours une solution et une leçon à tirer. Bien franchement, le souvenir de mon entrée en traitement est très flou. Mais s’il y a une chose que j’ai retenue et que j’applique encore pour m’aider à me rétablir, c’est ceci : il y a des gens qui ont déjà vécu et surmonté tous mes problèmes; je dois simplement faire de mon mieux pour créer des liens avec eux. Quand j’ai entendu quelqu’un dire que la dépendance était comme un suicide à long terme, j’ai réalisé que je devais affronter la réalité et admettre, malgré tout ce que j’avais pu me dire, que j’étais en train de devenir exactement comme mon père. Grâce au processus de traitement, j’ai pu reprendre le contrôle sur ma vie. »

Jennifer :

« Choisir la sobriété, c’est choisir une nouvelle vie. Pour moi, rétablissement égale LIBERTÉ. Vous trouvez cela bizarre? Ce ne l’est pas. Maintenant, je ne pense plus avec obsession à mon prochain verre ou à ma prochaine dose, pas même quand les choses tournent mal. Si ce n’est pas cela, la liberté, qu’est-ce que c’est? »

[1] CAMH. Mental Illness and Addictions: Facts and Statistics. [http://www.camh.ca/en/hospital/about_camh/newsroom/for_reporters/Pages/addictionmentalhealthstatistics.aspx] (Consulté le 24 janvier 2017).

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